11/09/2020

Découvrez le rapport La Grande Transformation face à la crise, 12 propositions pour le Monde d'Après

Au lendemain du 11 mai, début d’un long déconfinement, le Comité 21 publie l’édition définitive de son rapport sur la « Grande Transformation : freins, moteurs et leviers », préparé par le Comité de prospective* du Comité 21, présidé par l'économiste Philippe Dessertine, directeur de l'Institut de Haute Finance, membre du Haut Conseil des finances publiques. Ce rapport, présenté dans sa version intermédiaire le 30 janvier au Grand Palais à l’occasion du ChangeNow summit, proposait 10 pistes concrètes principalement dans les domaines de la science, de la finance, de la citoyenneté écologique et des territoires. Le Comité 21 en a ajouté deux, issues de ses réflexions sur la crise sanitaire.

En préambule, le Comité 21 réaffirme que le Green Deal européen doit être la boussole de la reconstruction de notre continent. Avec cette dernière version, il produit d’abord une analyse de cette crise, en identifiant cinq leviers nouveaux pour la Grande Transformation que la période récente a mis en lumière :   
  • Le premier est la décision de la plupart des dirigeants de prioriser la santé et la vie des citoyens, à l’économie, « quoiqu’il en coûte ». Nous sommes certains qu’il s’agit d’un tournant majeur depuis les années 80. Jamais la réforme des services publics n’a été aussi impérieuse. Mais ce choix « pour la vie » lui redonne un sens, comme après la deuxième guerre mondiale.
  • Le deuxième est l’explosion de débats sur le « Monde d’Après », et il faut évidemment y voir la sensibilisation aux menaces environnementales qui s’est développée ces dernières années. La crise de 2008 avait suscité des réactions comparables, mais bien moindres. Nous pensons que, conjuguées avec l’aspiration de la jeunesse à combattre le réchauffement climatique, elles sont porteuses de transformations.
  • Le troisième consiste dans les retrouvailles avec l’ « essentiel ». Cette réconciliation avec l’essentiel ne sera possible que si ceux qui ont assuré les fonctions essentielles sont associés à cette reconversion sociétale, et y trouvent leur place. L’avènement du « care » doit retrouver les valeurs du partage fondé sur la notion du « bien commun ».
  • Le quatrième, qui découle des trois premiers, est la volonté de changer de modèle économique. Au-delà du fait que beaucoup aimeraient transformer ce grand Stop en Grand Soir, cette « expérimentation » contrainte montre en même temps qu'elle n'est pas une voie viable, ni pérenne, tant ses conséquences socio-économiques sont potentiellement dramatiques. Transformer l’actuelle décroissance (mortifère) en prospérité sobre, et entrainer les investisseurs, dans cette création nouvelle. La clé du monde d’après se trouve dans la révolution mentale des investisseurs autant que dans la pression démocratique des citoyens.
  • Le cinquième signe est l’installation définitive dans le fonctionnement de la société de l’économie numérique. Le numérique a permis la continuité de l’activité, la permanence (certes inégale) des services éducatifs, le lien entre les êtres, le débat politique et sociétal, et surtout le suivi de l’épidémie, à travers les plateformes de données de santé. Le télétravail s’est imposé, et restera, dans un premier temps, pour accompagner les suites du déconfinement, ensuite, sûrement, par choix des entreprises, des salariés issus d’une découverte d’une efficacité différente, ou des économies de transports. Reste à faire le bilan écologique, et ergonomique du recours au numérique, et là le champ est immense.

Le Comité 21 souligne que le bien fondé de ses 10 propositions est confirmé par les premiers enseignements de la crise, dont trois particulièrement : 
  • Regrouper les aides publiques pour les plus pauvres dans un esprit d’accès à un « Revenu Vital Minimum », qui viserait la réduction des inégalités dans le contexte de la crise planétaire. 
  • Créer des « sociétés de bien commun », qui permettraient d’associer des collectivités et des entrepreneurs autour de projets environnementaux, sociaux, numériques, de façon à permettre de justes rémunérations de deux parties, les unes destinées à pousser les collectivités à l’innovation sans risques sur les budgets publics, les autres à travailler de façon rémunératrice. 
  • Donner à la notion « d’usage » la même force juridique que celui de la propriété pour promouvoir l’économie de fonctionnalité.
Il propose deux nouvelles pistes :

La création d’une Autorité indépendante des risques
Le sentiment d’impréparation devant la crise sanitaire illustre la réticence française à la prévention des risques. Le Comité 21 propose la création d’une Autorité indépendante des risques (à l’instar de l’Autorité de sûreté nucléaire) rendue indispensable par l’ampleur et l’interdépendance des risques nouveaux (technologiques, naturels, climatiques, sanitaires etc.) issus de notre mode de civilisation ; s’appuyant sur les agences spécialisées, elle aurait un rôle de veille générale, d’anticipation, d’information des citoyens, et surtout de suivi des mesures de prévention.   

Œuvrer pour un conseil de sécurité planétaire
Sur le plan international, le Comité 21 constate avec regret les difficultés des Agences onusiennes, dont l’OMS, et préconise une réforme institutionnelle pour faire face à l’ampleur des risques. Sans souhaiter la fusion des Conventions traitant du climat, et de la biodiversité, qui ne ferait que retarder les mesures concrètes à prendre, une instance de coordination de ces conventions, autour de la mise en œuvre de ODD, devrait être placée à un niveau plus opérationnel à l’ONU, sous la forme d’une instance de sécurité planétaire, qui ferait le lien entre toutes les réponses aux risques émergents.

Dans les mois à venir, le Comité 21 fera vivre ces 12 propositions avec des partenaires pour chacune :


Le rapport La Grande Transformation

La synthèse du rapport

La synthhèse des 12 propositions

Liste du Comité de prospective