Aujourd’hui, les thèmes des nouvelles formes de démocratie et de la citoyenneté écologique sont au cœur des débats de la société française et européenne. De nombreuses mesures sont votées régulièrement en France concernant la participation du public : réforme de la Commission Nationale du débat public, l’action de groupe, le devoir de vigilance, la loi PACTE, le Grand débat national, la convention citoyenne du climat... Alors qu'au sein des territoires, les citoyens débattent des projets nationaux et locaux, avec virulence et vitalité, comme pour les gilets jaunes ou pour Cigéo à Bure.

Face aux défis sans précédents auxquels nous sommes et allons être confrontés, il est impératif de construire le monde de demain grâce à l’intelligence et la gouvernance collective. Ceci nécessite à chacun d’entre nous de prendre conscience de son rapport au monde, afin de faire émerger une nouvelle figure du citoyen : local, national, européen, mondial. Cette nouvelle citoyenneté est essentiellement une citoyenneté écologique et durable car il s’agit de redéfinir un nouvel intérêt général.

Aussi, il est indispensable que le citoyen trouve sa place dans ces grands défis, alors même qu'il peut être vu comme un frein à la transition des territoires. Nous souhaitons à travers cette expertise souligner et faire du citoyen un véritable levier de la transition. 



Des réflexions pour lever les freins au changement

Si la transition écologique dispose d’une image positive auprès de l’opinion publique et devient un sujet déterminant des différentes échéances électorales, un nombre croissant de projets font aujourd’hui l’objet de réticences, voire d’une opposition de plus en plus structurée. En témoigne la colère provoquée par la taxe carbone, l’écotaxe poids lourds ou encore la multiplication des recours déposés contre les projets éoliens. Par ailleurs, de nombreuses disciplines scientifiques, médicales comme sociales, se penchent sur la question des résistances aux changements afin de comprendre ces contradictions entre souhaits et mise en œuvre.

Pour surmonter ces contestations, faciliter l’acceptabilité des projets et ainsi accélérer les nécessaires transformations écologiques, un dialogue réciproque entre le monde politique, les experts et la société civile est nécessaire. Il invite à dépasser les résistances liées à des questions de légitimité environnementale ou d’opportunité (« qu’est-ce que j’ai à y gagner ? »), ainsi qu'au phénomène NIMBY (« quel impact personnel ? »).

Quels sont les facteurs bloquants ? Comment vulgariser et faciliter la compréhension des projets de transformation écologique ? Comment instaurer un dialogue éclairé avec les parties intéressées ? Comment passer de l’opposition à l’adhésion, et enrichir le projet avec la pluralité des « points de vue » ? Sur quels leviers peut-on agir pour faciliter cette acceptation (psychologiques ? neuropsychologiques ? sociologiques ?). Voici quelques-unes des questions qui seront abordées par le groupe de travail mis en place par le Comité 21, et dont les réponses viendront alimenter l’élaboration d’un référentiel (cadre méthodologique) pour renforcer l’acceptabilité des projets de transformation écologique et mieux lever les résistances aux changements.

Actions

  • Auditions de plusieurs acteurs (porteurs de projets, opposants, sociologues, chercheurs) pour identifier les facteurs expliquant l’acceptabilité ou le refus d’un projet.
  • Panorama européen de la participation citoyenne aux transformations écologiques et freins aux changements
  • Forum annuel « Participation citoyenne, acceptabilité des projets de transformation écologique et résistances aux changements »
  • Publication d’un cadre méthodologique renforcer l’acceptabilité des projets de transformation écologique et lever les résistances aux changements


Un laboratoire d’idées pour accélérer la transformation sociétale

La place du citoyen dans la prise de décision est une problématique croissante dans le débat public, pour autant est-elle déjà effective, à l’heure où les processus de concertation ne sont, pour la plupart, que consultatifs et souvent réalisés une fois les actions déjà arrêtées ? Si ces consultations sont réalisées dans le secteur public, qu’en est-il du secteur privé ? Redonner la parole au citoyen et faire de lui un acteur non seulement au centre des décisions, mais aussi au cœur des initiatives, est central dans une société qui se veut démocratique.

En parallèle, les attentes citoyennes au regard des transformations écologiques à mener sont de plus en plus pressées et l’on peut s’attendre à voir s’aggraver la radicalité des modes de mobilisation si les responsables politiques et économiques ne mettent pas en œuvre dès maintenant les mesures nécessaires et attendues.

A ce titre, le Comité 21 a conçu cette expertise comme un laboratoire d’idées, qui doit se nourrir de l'expertise des citoyens et non l'inverse. Après avoir organisé en 2018 et 2019 deux forums portant sur la citoyenneté écologique et après avoir participé au Grand débat national en 2019, cette nouvelle expertise « Démocratie et citoyenneté » a permis en 2020-2021 de recenser les revendications des citoyens vis-à-vis des acteurs de la société ou sur différentes thématiques, formuler leurs solutions face aux transformations écologiques à mettre en œuvre, et questionner leur propre pouvoir d’action. 

Quelles sont les requêtes des citoyens sur la transition écologique, sociale et économique nécessaire à notre époque ? Quelles sont leurs revendications sur ces sujets auprès du secteur public (en tant que bénéficiaires des politiques publiques), vis-à-vis des entreprises (en tant que consommateurs), à l'égard des associations et ONG (en tant qu'acteurs représentés) et à destination du secteur de l’enseignement supérieur et des centres de formation continue (en tant que ressources humaines et futurs employés) ? Voici quelques-unes des questions qui ont été abordées par le laboratoire d’idées du Comité 21 sur la période 2020-2021.

Le format et les livrables, tout comme le calendrier de ce parcours d'accompagnement, sont déterminés par le collège citoyen, le Comité 21 se plaçant comme facilitateur et organiseur et non comme entité de pilotage.

Actions

  • 18 février 2020 : Réunion de présentation du programme 2020-21 aux adhérents   citoyens, lancement et détermination du format du laboratoire à idées. Mise en ligne d'une plateforme de partage pour les réflexions citoyennes sur les thématiques identifiées collectivement.  
  • 28 avri 2020 : prochaine réunion du laboratoire d'idées permettant de réfléchir ensemble sur un enjeu du développement durable  

Dates des prochaines réunions et des sorties des livrables à déterminer ultérieurement 

 

Consulter l'ensemble des propositions du Comité 21 dans le cadre du Grand Débat National - 2019

Lire les actes du premier forum de citoyenneté écologique - 2018



Parcours Citoyenneté Ecologique

Exprimée au sein d’une multitude de processus, pour certains réglementaires, la participation citoyenne apparaît aujourd’hui protéiforme, évolutive et complexe, symbole des aspirations nouvelles des citoyens.
Aux côtés des démarches “historiques” de concertation ont émergé de nouveaux outils de mobilisation, comme les conventions citoyennes ou encore les cahiers citoyens, qui sont des exemples de la façon dont les pouvoirs publics, locaux comme nationaux, peuvent impliquer la population. Confrontées aux difficultés de leur mise en œuvre, critiquées sur leur impact réel, ces démarches tendent à démontrer une volonté/nécessité de voir émerger de nouvelles formes de participation au sein desquelles s’exprimerait la citoyenneté écologique.

🛠Pour décrypter et comprendre les nouvelles formes de mobilisation citoyenne, le Comité 21 vous propose, en 2022, différents ateliers sur les sujets suivants :

-          La participation aux décisions publiques, exercice de citoyenneté écologique,

-          Les conditions de l’acceptabilité des choix des équipements publics,

-          L’ODD 17, un instrument concret de collaboration entre organismes et citoyens (déclinaison de la note ODD 17).

Ces séquences de travail seront alimentées par des visites de terrain, en particulier dans l'ouest de la France. Elles seront clôturées par une note qui sera présentée lors de l’Université de la Citoyenneté Ecologique. Une formation, prenant en considération les travaux issus de ce parcours, sera également proposée.

📝Les descriptifs détaillés et les modalités d’inscription pour les ateliers seront bientôt disponibles.