du 30/09/2009
n°104
Spécial rapports développement durable


Rapports développement durable : vers une standardisation ?

Comme chaque année, le Comité 21 passe au crible les rapports de développement durable de ses entreprises adhérentes afin de mieux valoriser leurs initiatives. Le cru 2008 se distingue de celui de 2007 à la fois sur la forme et sur le fond.

Sur la forme, les rapports sont mieux structurés. Un certain nombre d'enjeux clés, pour la plupart déjà présents dans les rapports 2007 (achats durables, sécurité, mobilisation des équipes, biodiversité, dialogue avec les parties prenantes, etc.), se distinguent plus clairement, rendant les comparaisons plus aisées entre rapports. Cela est évidement lié à la pénétration des standards de reporting comme la GRI 3[1], qui tendent à les harmoniser.

Par ailleurs, les entreprises font de plus en plus appel à un cabinet d'audit pour faire certifier les informations délivrées dans leur rapport. Cela peut s'interpréter comme la mise au même niveau stratégique des informations financières et extra-financières ou comme une garantie contre l'accusation de greenwashing.

D'une manière générale, le dialogue avec les parties prenantes se renforce et s'affiche. Il peut prendre plusieurs formes : panel de citoyens, consultation, concertation avec des parties prenantes[2]. Les entreprises traduisent par ces démarches leur volonté d'écouter leurs attentes, ce qui se traduit par la prise en compte de nouveaux enjeux.

Parmi les domaines mis en avant figure la biodiversité qui s'affirme comme un enjeu de plus en plus stratégique et un terrain propice aux partenariats avec les associations. Par ailleurs, le contexte de crise explique sans doute la mise en ½uvre d'actions BOP[3] visant des populations précaires (accès à l'énergie, à l'eau, par exemple). L'éducation au développement durable se développe à travers des sites internet, des brochures, des conférences. Le thème de la diversité a pris de l'importance avec la création en 2008 par l'Etat d'un Label dédié. Enfin, le marketing durable fait une timide percée dans certains rapports.

Le projet de loi Grenelle 2 prévoit l'extension de l'obligation de fournir des informations en matière de développement durable à toutes les entreprises, sauf les PME, et aux collectivités locales. Anticipant sans doute ces futures dispositions, quelques collectivités publient déjà un rapport développement durable.

De grands témoins viennent compléter ces éléments d'analyse et nous apportent leur vision d'experts : Michèle Pappalardo, commissaire au développement durable du MEEDDM ; Robin Edme, président du Forum pour l'investissement responsable ; Patrick Jolivet, responsable Recherche & Développement de BMJ Ratings ; Martial Cozette, administrateur délégué du CFIE Conseil ; Sylvain Lambert, associé de PricewaterhouseCoopers ; Elisabeth Boniface, manager stratégie et communication DD d'Ernst & Young.

Dorothée Briaumont - briaumont@comite21.org

[1] Global reporting initiative
[2] Le Comité 21 vient de publier une note méthodologique assortie de retours d'expérience, disponible sur son site http://www.comite21.org/docs/actualites-comite-21/2009/note-21-la-concertation.pdf [3] Bottom of the pyramid

Synthèse des rapports des adhérents

Aéroport de Paris
 « Sur le plan de la gouvernance, ADP s'est engagé en 2008 dans la lutte contre la corruption au titre du dixième principe du Pacte mondial. L'entreprise a conclu un accord avec l'ONG Transparence International France pour appuyer sa démarche, et un premier groupe de travail a été chargé du diagnostic des risques de corruption. ADP a formalisé en 2008 sa politique d'achats responsables, en y intégrant des critères éthiques et environnementaux. EcoSmart, un outil de diagnostic pour les entreprises candidates, a notamment été développé. Premier résultat tangible : depuis juin 2008, 1 500 agents techniques portent un uniforme en coton équitable, labélisé Max Havelaar. Premier pôle d'emploi d'Ile-de-France, au travers de ses zones aéroportuaires, ADP a poursuivi en 2008 ses initiatives sociales en lien avec les territoires : création d'une résidence pour les jeunes salariés, engagement dans le Plan Espoir Banlieues, signature de 34 chartes de partenariat avec les collectivités locales, partenariat avec les CCIP 93 et CCI de Versailles, etc. Enfin, Aéroports de Paris assume depuis juillet 2008 la responsabilité de l'accueil et de l'assistance aux personnes handicapées et à mobilité réduite (PHMR) dans ses installations. Didier Hamon - Didier.Hamon@adp.fr

Air France KLM
 « Seul groupe de transport aérien à figurer dans tous les indices de notation extra-financière, Air France KLM a reçu plusieurs distinctions significatives en 2008 : en particulier, la nomination au titre de « super Sector leader » (regroupant les secteurs voyages et loisirs) par le Dow Jones Sustainability Index. La qualité de son rapport développement durable a également été saluée par un double premier prix de la profession des experts-comptables aux Pays-Bas et en France. L'accent a été mis en 2008 sur l'écoute de ses parties prenantes, sur la base du test de « matérialité » (ou de pertinence) du GRI et dont les modes de dialogue et résultats sont présentés pour chacun des cinq enjeux clé du Groupe. Dans le domaine de l'environnement, le renouvellement de sa flotte, la poursuite des mesures d'efficacité carburant et l'allégement des équipements vont dans le sens d'une réduction des émissions de CO2 et, pour préparer l'avenir, le soutien à la recherche sur les bio-carburants. Sur le plan social, Air France KLM s'est notamment impliqué dans les problématiques de diversité, d'égalité hommes-femmes et a amélioré sa performance en matière de sécurité au travail. » Monique Bacqueroet-Lortie - mobacqueroet@airfrance.fr

AG2R La Mondiale
 « Suite au rapprochement en 2007 entre AG2R ISICA et La Mondiale, le nouveau groupe AG2R La Mondiale s'est doté d'une organisation managériale commune et d'un nouveau Plan d'entreprise à horizon 2011. Une crèche d'entreprise a été inaugurée pour les salariés du siège social à Mons-en-Baroeul, avec réservation de places en halte garderie pour des familles défavorisées orientées par la municipalité. Dans le domaine financier, le groupe AG2R La Mondiale, qui gère 500 millions d'euros de placements socialement responsables, solidaires et de partage, a signé en 2008 une convention avec Euromed Marseille, qui a débouché sur la création d'une chaire ISR intitulée "Finance autrement !". Enfin, le groupe participe également à la distribution et à la gestion du premier produit de micro-assurance en France : d'une part en apportant une contribution financière pour la création d'une fondation RUP dédiée ; et d'autre part, en prenant à sa charge une partie de la couverture des risques Prévoyance de ce produit. Un Bilan Carbone® a été mené en 2008 sur 3 sites importants du groupe (siège parisien, Chartes et Lille).» Jean-Claude Roglian - jeanclaude.roglian@ag2r.com

AREVA
 « En ligne avec son ambition de devenir l'acteur de référence dans les solutions de production d'énergie sans CO2 et l'acheminement d'électricité, AREVA a rebaptisé en 2009 son rapport d'activité et de développement durable « rapport de croissance responsable ». Le groupe a souligné ses efforts en matière de sûreté et sécurité, dans le contexte de l'incident médiatisé du Tricastin. Les émissions directes de gaz à effet de serre ont été réduites de 22% et ces émissions ont été compensées par achats de crédits carbone. AREVA se développe dans le domaine des bioénergies avec la prise de contrôle du fournisseur de centrales biomasse et hydroélectriques brésilien Koblitz. Au total, AREVA a construit plus de 100 centrales bioénergies dans le monde, pour une capacité de 2 500 MWatt, activité qui génère néanmoins encore une faible part de son chiffre d'affaires global. Les efforts dans le domaine des achats se sont prolongés en 2008, avec la formation des 1 000 acheteurs du groupe aux enjeux du développement durable et la signature par 80% des fournisseurs de la charte achats responsables. Le groupe, qui embauche un collaborateur toutes les 45 minutes, a lancé deux projets visant à mieux cerner les risques psychosociaux au travail. Enfin une troisième session de concertation avec les parties prenantes (stakeholder session) a été organisée sous l'égide du Comité 21. » Bethlehem Hickman - bethlehem.hickman@areva.com

Bouygues Construction
 « Initiée en 2007, la démarche du groupe « Actitudes » fondée sur l'auto-évaluation des filiales du groupe en matière de développement durable, a fait l'objet d'un audit externe de déploiement. Afin de garantir l'adhésion des collaborateurs à la démarche, l'accent a été mis en cours d'année sur la formation : cycle de formation des 100 correspondants développement durable, intégration du thème dans des formations et initiation à la construction durable de près de 1000 responsables techniciens et commerciaux. En 2008, Bouygues Construction a également soutenu la publication d'un guide pratique sur le thème de la mobilisation des équipes pour le développement durable, réalisé par le Comité 21 et le cabinet spécialisé Des enjeux et des Hommes. Le groupe a renforcé son action dans le domaine de la construction durable, avec la création d'un pôle de compétences dédié et le développement de l'outil « Projection », qui dresse l'impact développement durable d'un projet de logement, sur la base d'une centaine de questions. Il est utilisé comme aide à la décision pour les commanditaires, notamment dans le cas des partenariats publics privés. En 2008, 82% du chiffre d'affaires du groupe était couvert par un système de management certifié ISO 14001. » Christine Grezes - c.grezes@bouygues-construction.com

Groupe Caisse des Dépôts
 « Depuis 2008, les doctrines d'investissement de la Caisse des Dépôts intègrent désormais systématiquement l'approche d'investissement socialement responsable (ISR). La Caisse des Dépôts propose des prêts à taux préférentiels pour les logements sociaux neufs ou rénovés économes en énergie. Elle a fait de la finance carbone un axe d'innovation et de développement : développement de Bluenext, devenu le premier marché au comptant des actifs carbone, et a mis en place une douzaine de projets domestiques représentant potentiellement 2,6 millions de tonnes de CO2 évitées. Une cartographie énergie-CO2 du patrimoine immobilier universitaire a été réalisée en 2008-2009 (www.cartoco2campus.fr) et un logiciel d'aide à la décision, mis gratuitement à disposition des universités a été élaboré. En 2008, plus de 46 millions d'euros ont été investis dans des projets de production d'énergie renouvelable : éolien, solaire, biomasse ou micro-hydraulique. Au total, les investissements réalisés depuis 2006 représentent une puissance engagée de 287 MW. Enfin, avec la création de CDC Biodiversité, la Caisse des Dépôts accompagne les acteurs publics et privés dans leurs projets de compensation des atteintes à la biodiversité ». Thomas Sanchez - thomas.sanchez@caissedesdepots.fr

Caisse nationale des caisses d’épargne
 En 2008, la Caisse d'Epargne a lancé son programme d'étiquetage des produits d'épargne et services bancaires (Bénéfices Futurs), et souhaite se doter d'une charte marketing responsable pour renforcer sa démarche. Avec 3,6 milliards d'euros d'encours ISR sous gestion fin 2008, Natixis Asset Management, filiale du groupe, est leader de la gestion ISR en France selon le classement de Novethic et occupe la première place sur le marché de la gestion solidaire, contribuant ainsi au financement de structures d'insertion par l'emploi ou d'habitat social. Banquier solidaire, la Caisse d'Epargne a financé plus de 3 000 projets en 2008 pour un montant supérieur à 58 millions d'euros, répartis en trois domaines d'intervention : les actions favorisant l'autonomie (46%), les actions de soutien à l'emploi (34%) et les actions favorisant le lien social (20%). 2 500 microcrédits ont été accordés dans le cadre de Parcours Confiance, son dispositif d'accompagnement des personnes en situation de fragilité. En 2008, la banque a réalisé une estimation des émissions de GES des Caisses d'Epargne et de la CNCE, avec pour objectif de réduire ses émissions de 3 % par an. » Marie Guyard - Marie.Guyard@cnce.caisse-epargne.fr

Carrefour
 « Fort du Prix spécial du Jury de l'Ordre des Experts Comptables pour son Rapport 2007, le groupe Carrefour a poursuivi ses efforts en 2008 sur cinq enjeux majeurs : permettre à ses clients de concilier équilibre alimentaire et budgétaire ; développer et proposer des produits « citoyens » accessibles ; veiller aux conditions sociales de fabrication dans la chaîne d'approvisionnement ; être un employeur de référence et réduire son empreinte environnementale. Carrefour a largement étoffé son offre de produits biologiques à marques propres (1 733 références) et de produits plus respectueux de l'environnement : 1er vendeur de produits biologiques et de produits issus du commerce équitable en France, et plus grande offre de produits labellisés MSC à marques distributeur. Mobilisé pour contribuer à la lutte contre le changement climatique, Carrefour a poursuivi le déploiement de son plan d'efficacité énergétique. Résultat : une réduction de 14% de sa consommation d'énergie/m² de surface de vente sur les cinq dernières années. Seul distributeur partenaire de la Commission européenne lors de la semaine de l'énergie durable, le Groupe s'est aussi mobilisé pour sensibiliser ses clients en magasin. Dans le domaine social, Carrefour a contribué activement aux travaux menés dans le cadre du GSCP (Global Social Compliance Programme) pour harmoniser les standards sociaux et outils existants. Carrefour a renforcé son engagement en faveur de la diversité en signant en 2008 le Plan Espoir Banlieue pour lequel il a assuré à lui seul plus du quart des recrutements nationaux. (cf. Rapport de Développement Durable 2008 sur www.carrefour.com).» Hélene Jessua - Helene_Jessua@carrefour.com

CASDEN
 « Dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale, la CASDEN apporte son soutien aux initiatives visant à promouvoir l'éducation au développement durable en milieu scolaire. Elle a réalisé, en partenariat avec le Comité 21 et des associations de l'éducation, un argumentaire destiné à promouvoir la démarche Agenda 21 dans les établissements scolaires, et a conçu l'exposition « L'eau pour tous, tous pour l'eau », en collaboration avec les éditions Sépia. Composée de 12 panneaux et d'un livret d'accompagnement, elle apporte un éclairage nouveau sur l'eau et présente les engagements à prendre au quotidien pour limiter les risques de pénurie et de pollution afin de préserver l'avenir des générations futures. L'exposition, mise gratuitement à la disposition des établissements scolaires, est disponible dans les délégations départementales de la CASDEN. En interne, la CASDEN a constitué en 2008 un groupe de travail développement durable, qui propose des actions à la direction et participe à leur mise en place. Un tableau de suivi a été créé avec différents indicateurs environnementaux (énergie, eau, déchets, papier...), en collaboration avec les services généraux et les ressources humaines. Enfin, un benchmark des actions en matière de développement durable dans d'autres banques a été réalisé pour identifier des pistes de progrès. » Patrick Picard - patrick.picard@casden.banquepopulaire.fr


Crédit Coopératif
 En 2008 le Crédit Coopératif a lancé son projet d'entreprise Coopéraction 2015 qui intègre le développement durable pour lui-même et dans l'accompagnement de ses clients. Il a conclu un accord avec l'ADEME et l'ACFCI pour accompagner les PME/PMI dans leurs démarches de management environnemental, en proposant à certaines entreprises certifiées des conditions préférentielles du prêt PREVair pour leurs investissements environnementaux. Sa nouvelle brochure Une banque coopérative dans une démarche de responsabilité sociale est étayée, autant que possible, de critères relevant de la GRI version 3.0 et d'un référentiel propre qui s'appuie sur les principes coopératifs de l'ACI. Classé en 2008 premier collecteur d'épargne solidaire en France (7ème Baromètre de la finance solidaire), ses produits de partage ont généré 3,9 millions d'euros de dons reversés aux 47 associations partenaires. L'impact des déplacements liés à sa vie coopérative a été compensé depuis 2008. L'association les Amis de la Terre lui a reconnu, en 2008, avoir un impact environnemental positif, seul établissement bancaire avec La Nef, son établissement associé. Le siège social fait l'objet d'une rénovation aux normes HQE. Son nouveau stand a reçu la Palme Verte du meilleur stand éco‑conçu (Congrès HLM 2009). Christophe Vernier - christophe.vernier@credit-cooperatif.coop

Crédit Mutuel
 « 500 000 sociétaires-clients (sur 7,2 millions bénéficiant d'un droit de vote), ont participé en 2008 à l'Assemblée générale de leur Caisse, contribuant ainsi à la vie démocratique du groupe mutualiste. Avec 2 017 Caisses locales dont un tiers implantées en zone rurale, le Crédit Mutuel doit prendre en compte des problématiques d'ancrage territorial et d'accessibilité : présence dans 72 % des zones franches, mise à disposition de 800 Points-relais pour assurer la continuité du service dans les zones isolées, outils d'accès aux services pour les personnes souffrant d'un handicap (mise aux normes des automates bancaires, mise à disposition des relevés de compte et des chéquiers en braille, etc.). La banque développe des produits responsables et solidaires, dont l'un des derniers nés dans le domaine de la finance, Planète Bleue, est un fonds constitué à 70 % de valeurs technologiques spécialisées dans les énergies renouvelables, l'efficience énergétique et l'eau. Signataire du Pacte Mondial des Nations Unies, le Crédit Mutuel a valorisé en 2008 ses bonnes pratiques en matière de lutte contre les discriminations en matière d'emploi et d'exercice d'une profession, et d'initiatives en faveur de pratiques environnementales plus responsables. » Gérard Leseul - gerard.leseul@creditmutuel3d.com

Dexia
 « Le rapport développement durable 2008, dématérialisé, s'inscrit dans la politique de Dexia visant à généraliser le recours au support numérique, avec éditions papier très limitées. Dexia Éditions, qui a soutenu en 2008 l'ouvrage du Comité 21 sur les Agenda 21 territoriaux, constitue néanmoins une exception. Dans le domaine social, le groupe a fait réaliser un état des lieux sur la diversité. Un dialogue avec certaines parties prenantes a été engagé sur la base d'une rencontre avec un panel d'ONG accompagné d'un programme de rencontres annuelles. Au niveau de ses activités, notamment de financement des équipements collectifs, Dexia a lancé la première émission obligataire ISR en France pour la Région Nord-Pas de Calais. Par ailleurs, des Lignes directrices énergie ont été adoptées, en novembre 2008, incluant un objectif quantitatif pour limiter l'impact CO2 des financements accordés dans le secteur de l'énergie. En 2008, Dexia a poursuivi ses actions de sensibilisation aux enjeux du développement durable, notamment à destination de ses équipes marketing et de ses clients collectivités. Dexia Asset Management a également créé le « club Washington »qui rassemble de grands investisseurs institutionnels français autour des problématiques de l'investissement responsable et durable.» Marc Rizzoto - marc.rizzoto@dexia.com

Eco-Emballages
 « L'activité d'Eco-Emballages s'est exercée dans des conditions normales les onze premiers mois de l'année. L'éco-organisme a poursuivi ses actions pour accompagner et soutenir les entreprises, notamment dans leurs démarches de réduction à la source des emballages et d'éco-conception : mise en place de comités techniques pour les entreprises qui souhaitent avoir un avis technique sur la recyclabilité de leurs emballages, création d'un outil simplifié d'évaluation environnementale de solutions d'emballages, formation des ingénieurs packagings. Du côté des collectivités locales, Eco-Emballages a renforcé sa démarche d'optimisation du tri et de la collecte : près de 340 collectivités se sont engagées dans le projet, soit 50% de la population. Enfin, l'entreprise s'est adressée aux citoyens afin de renforcer le geste de tri : campagne de communication par affichage et « on pack », partenariat événementiels et institutionnels, formation d'ambassadeurs du tri, etc. 63% des emballages ont été recyclés en France en 2008, générant une économie de GES moyenne équivalente aux émissions annuelles de 800000 voitures. En décembre 2008, Eco-Emballages a été confrontée au blocage d'une partie de sa trésorerie suite à la crise financière. Depuis le 7 avril 2009, Eric Brac de la Perrière, nouveau directeur général, conduit désormais Eco-Emballages dans un nouveau projet, partagé avec les parties prenantes de l'éco-organisme, afin d'atteindre un taux de recyclage de 75% d'ici 2012, objectif fixé par le Grenelle de l'environnement.» Stéphanie Foucard - stephanie.foucard@ecoemballages.fr

Eco-Systèmes
 « Principal acteur de la collecte des Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE), Eco-Systèmes a dépassé en 2008 l'objectif règlementaire de 4 kg* de DEEE collectés par habitant et par an. L'éco-organisme couvre désormais plus de 27,5 millions de la population française. Il compte plus de 6 000 points de collecte actifs répartis sur tout le territoire, y compris l'Outre-Mer, comprenant des points de vente distributeurs, des déchetteries gérées par les collectivités locales et des points de collecte Emmaüs. Si Eco-systèmes assure l'enlèvement, la dépollution et le recyclage des DEEE, en contractant avec des prestataires logistique et de traitement, il est également partenaire de la Fédération des entreprises d'insertion Envie et Emmaüs France pour le réemploi des appareils (137 000 appareils réemployés, plus de 1 300 emplois d'insertion équivalents temps plein ETP). Parallèlement et afin de sensibiliser le grand public à la collecte des DEEE, une première campagne d'information a été lancée (deux vagues dans la presse et à la radio), ainsi qu'un site d'information (www.collectons.org ). » *(au prorata de la part de marché de ses adhérents) - Dominique Mignon - dmignon@eco-systemes.fr

EDF
 « En 2008, EDF a lancé une politique de développement durable Groupe, qui traduit sa volonté de «changer l'énergie ensemble» en apportant des solutions réalistes au défi porté aux énergéticiens : répondre à la demande croissante d'énergie tout en parant au risque climatique. Désormais, un Comité développement durable Groupe pilote la démarche et s'est centré sur quatre sujets : intégration de la politique carbone dans les décisions, adaptation au changement climatique, biodiversité, déploiement d'une démarche éthique dans le groupe. Le Panel développement durable Groupe a été recomposé, tandis qu'un Conseil sociétal a vu le jour. Une grille de 14 indicateurs de développement durable a été élaborée pour passer au crible les projets d'investissement industriels, les acquisitions et les contrats de sous-traitance. 2008 a également été l'année de la négociation à l'échelle mondiale d'un nouvel accord RSE du Groupe pour la période 2009-2013. Au Laos, la mise en eau du barrage de Nam Theun s'est accompagnée de six programmes sociaux, incluant l'obligation de doubler le niveau de vie des populations déplacées dans les cinq ans après leur déplacement, des programmes de santé publique, d'accès à l'éducation, de préservation des ressources culturelles et cultuelles, de protection de la biodiversité. Jean-Christophe Mollaret - jean-christophe.mollaret@edf.fr

Eiffage
 « En 2008, Eiffage s'est engagé dans un processus de concertation avec ses parties prenantes, réunissant une dizaine d'organisations expertes, sous l'égide du Comité 21. Parmi les points sur lesquels l'entreprise a été « challengée », l'un touche à la médiatisation du projet Phosphore : laboratoire de recherche et développement en ville durable, Phosphore est le catalyseur du groupe en matière d'innovation. Initié en 2007 sur la base de la construction virtuelle d'une gare multimodale et d'une tour de services à Marseille, en 2020, le projet s'est élargie en 2008 avec une réflexion sur un écoquartier autour de la gare et centré sur un concept original de « haute qualité de vie® » (HQV). En 2008, un autre axe de travail d'Eiffage concerne la biodiversité : minoration de l'impact de ses travaux, partenariat de recherche avec l'Institut de géographie de la Sorbonne, partage des bonnes pratiques en interne et à l'externe avec ses « carnets d'autoroute », etc. Enfin, en matière de politique sociale et sociétale, Eiffage a poursuivi ses projets en faveur de l'insertion, de la diversité et du handicap. » Valérie David - valerie.david@eiffage.com

France Télécom
 « Orange s'est engagé, dans le cadre d'un partenariat signé en mars 2008 avec WWF-France, à évaluer la performance environnementale de ses produits et à en informer ses clients. Un nouvel affichage écologique sur une trentaine de produits a été lancé en 2008, chaque produit étant évalué selon cinq indicateurs représentatifs de leur impact environnemental (dont le bilan CO2 et l'efficacité énergétique). Cet affichage écologique sera progressivement étendu en 2009 à l'ensemble des produits commercialisés par Orange en France. En décembre 2008, Orange France a également signé la charte Communication responsable de l'Union des annonceurs (UDA). En matière de diversité, un accent tout particulier a été mis sur l'accès des femmes aux responsabilités et l'équilibre des temps de vie. Orange a reçu en juin 2008 le trophée « Entreprise citoyenne » de l'APAJH (Association pour adultes et jeunes handicapés) pour l'ensemble de sa démarche en faveur des personnes âgées en situation de déficience et les personnes handicapées. Enfin, l'année 2008 a été marquée par de nombreuses actions de sensibilisation au sein du groupe : campagne d'éco-gestes, concours d'idées, programme de volontariat, sensibilisation à l'éthique, etc. » Alain Liberge - alain.liberge@orange-ftgroup.com

Fromageries Bel
 « L'entreprise familiale a formalisé en 2008 sa politique de RSE, centrée sur 12 enjeux et déclinés en 28 programmes d'action. Très sensible aux problématiques nutritionnelles, le groupe participe à différents projets comme ceux de l'Institut Français pour la nutrition ou du Codex Alimentarius, initié conjointement par deux agences des Nations Unies que sont la FAO (Food and agriculture organization) et la WHO (World health organization). Signataire en 2007 de la charte de la communication responsable de l'Union des Annonceurs (UDA), Bel a défini récemment un code de conduite pour ses équipes marketing et commerciales, qui doit être systématiquement remis aux agences lors des phases de brief. En 2008, des analyses de cycle de vie ont été réalisées pour les 5 marques internationales du groupe : La vache qui rit®, Boursin®, Kiri®, Leerdammer® et MiniBabybel®. Les principaux indicateurs environnementaux du groupe se sont améliorés, avec une réduction respectivement de 5% et 2% des consommations d'électricité et d'eau par tonne de fromage produite. Les émissions de CO2 par tonne produite ont également enregistré une baisse de 8% entre 2007 et 2008. » Guillaume Jouet - gjouet@groupe-bel.com

GDF SUEZ
 « L'année 2008 aura été marquée par la fusion entre SUEZ et Gaz de France, le 22 juillet. Pour renforcer la cohésion des nouvelles équipes, une journée de consultation des collaborateurs sur les futures valeurs du Groupe a été organisée en 2009. Sur les dix thèmes les plus abordés, sept ont eu pour objet le développement durable. Engagé historiquement sur les problématiques sociétales, GDF SUEZ souhaite aller au-delà de ses obligations légales (participation au Fonds solidarité logement, tarif spécial de solidarité), dans la prise en compte de ses clients démunis : le groupe est ainsi partenaire de plus de 200 structures de médiation sociale, et s'investit dans des projets d'économie d'énergie dans le bâtiment, au côté de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH). Par ailleurs, initiative originale, le réseau WIN, pour Women In Networking lancé en septembre 2008, est un réseau interne réunissant les femmes du GDF SUEZ, qui doit leur permettre de « partager leurs expériences » et « d'affirmer leur leadership ». Dans le domaine de l'environnement, le groupe a notamment poursuivi ses investissements dans les énergies renouvelables, qui ont représenté 21% de sa production électrique en 2008, avec un parc de 12 678 MW de capacités renouvelables, soit l'équivalent de dix réacteurs nucléaires.» Malia Belkacem - malia.belkacem@gdfsuez.com

Ikéa
 « La démarche « IKEA et les énergies renouvelables » progresse en 2008 : une grande enquête a été menée sur plus de 180 bâtiments, afin de dégager des pistes d'amélioration des rendements énergétiques de l'ordre de 5 à 40%. Fin 2008, 40 projets de construction ou de reconstruction, avec rendement énergétique élevé et chauffage à base d'énergies renouvelables (géothermie, aérothermie, biomasse ou solaire), avaient été lancés. Autre enjeu majeur : les matières premières et notamment le bois. Le code de conduite interne IKEA WAY a été actualisé en 2008, en particulier en ce qui concerne l'aide aux fournisseurs. Les exigences en matière de provenance du bois ont été mises à jour en 2008 et sont actives depuis 2009. Des bourses ont également été créées en partenariat avec un centre de recherche suédois, pour permettre de développer un cursus scolaire international consacré à la gestion responsable des forêts, dans les pays où s'approvisionne IKEA. Ainsi en 2008, 23 étudiants originaires des pays baltes, de l'Europe et de la Russie ont pu suivre ce cursus spécialisé. Enfin, le partenariat mondial avec WWF (notamment concernant la sylviculture responsable, la production de coton durable et le changement climatique), a été reconduit, ainsi que ceux avec l'UNICEF et Save the Children. Les incitatives spécifiquement françaises sont accessibles sur le site IKEA France. » Pierre Deyries - pierre.deyries@memo.ikea.com

La Poste
 « Le Groupe La Poste poursuit en 2008 son action en faveur du développement durable, notamment en réduisant l'impact environnemental de ses transports grâce au développement progressif d'une flotte de véhicules propres, et la formation de plus de 30 000 postiers à l'éco-conduite. Toutefois, comme le souligne Jean-Paul Bailly, président du Groupe, « des progrès restent à réaliser pour améliorer la performance énergétique des bâtiments». Le Groupe poursuit également son action en faveur d'une consommation plus responsable du papier. Ainsi, ce sont près de deux tiers des consommations de papier du Groupe qui sont certifiées issues de forêts gérées durablement ou recyclées. Par ailleurs, la mobilisation de l'entreprise contre l'exclusion et en faveur de l'égalité des chances s'est notamment concrétisée par l'embauche d'un nombre croissant de collaborateurs handicapés (184 recrutements) et de jeunes issus de quartiers sensibles (1410 embauches en CDI). Enfin, le renforcement des préoccupations de développement durable dans les projets territoriaux du Groupe a permis d'élargir la collaboration avec les acteurs locaux. C'est dans cette optique que La Poste a nommé l'an dernier 21 délégués développement durable, pour coordonner les actions de l'entreprise avec les territoires. Le groupe a également soutenu le guide du Comité 21 Agir ensemble pour des territoires durables.» Pierre-Olivier Bernière - pierre-olivier.berniere@laposte.fr

Lafarge
 « En 2008, Lafarge a mis en place une formation systématique sur la gestion des relations avec les parties prenantes locales, qui sera déployée dans toutes les activités du groupe à partir de 2009. Au niveau du groupe, les commentaires du panel des parties prenantes ont été mieux mis en avant dans le rapport développement durable 2008, sous la forme d'un tableau synthétique (ce qui a été formulé / ce qui a été fait). La prise en compte de l'environnement a progressé sur certains aspects : augmentation du pourcentage du chiffre d'affaires certifié ISO 14001 (42% contre 34% en 2007), meilleur recyclage de l'eau, etc. Globalement, les émissions absolues de CO2 et la consommation totale d'énergie du groupe ont augmenté du fait de la croissance de l'activité et du périmètre, cependant que les émissions nettes spécifiques de CO2 (tonnes de CO2 par tonne de ciment) poursuivaient leur décrue (-18,4% depuis 1990). Dans une logique d'écologie industrielle, Lafarge a investit dans les combustibles alternatifs (ex : biomasse) qui en 2008 représentent ainsi 10,5% du total de l'énergie consommée (8,8 % en 2007) dans l'activité ciment (57% du CA total). Enfin sur le plan social, Lafarge poursuit ses actions en faveur de la santé au travail, de lutte contre le sida et formalise de plus en plus son système de management de la biodiversité. » Pierre de Premare - pierre.de-premare@lafarge.com

Logica France
 « Initiée en 2007, la politique de Logica France en matière de responsabilité d'entreprise et de développement durable s'appuie sur trois piliers d'actions et sur un socle commun. Le socle commun repose sur la création d'une direction fonctionnelle dédiée à la responsabilité d'entreprise en janvier 2008. Cette direction supervise les trois piliers d'actions que sont le Respect de l'environnement, la Responsabilité sociale et humaine (RSH), et l'Approche solidaire. Concrètement, sur le pilier environnemental, Logica mesure son empreinte carbone (premier volet du bilan carbone) et pratique une politique de remboursement intégral du coût des transports en commun et des abonnements de location de vélo. Pour le pilier Approche solidaire, Logica propose à ses collaborateurs des congés et missions solidaires (visant à transmettre leurs compétences) à l'international en partenariat avec l'association Planète Urgence ou en France avec le programme Créa'Jeunes de l'ADIE. Enfin, sur l'axe RSH, Logica s'est dotée en 2007 d'une Mission Emploi Handicap, soutient depuis 2006 l'association « Nos quartiers ont des talents » en parrainant des jeunes diplômés qualifiés en recherche d'emploi et a signé en 2009 la Charte de la Diversité en entreprise de IMS. Logica a rejoint le Comité 21 en 2008. » Hervé Garcia - herve.garcia@logica.com

Monoprix
 « Monoprix structure sa stratégie de développement durable autour de quatre enjeux majeurs qui sont autant d'axes de progrès : une gouvernance participative avec « Le Monoprix idéal », outil d'auto-évaluation de la démarche de développement durable des magasins, qui a été étendu à tout le parc en 2008 et qui a permis de réaliser un état des lieux national des bonnes pratiques de développement durable. En interne, le réseau des acteurs relais développement durable a été densifié (+23 par rapport à 2007). Une gamme de produits durables qui a connu une forte progression notamment avec l'offre en coton bio et équitable. La réduction des consommations énergétiques constitue l'un des axes majeurs de progrès du groupe. En matière de transport, la politique de substitution du transport fluvial et ferroviaire au transport routier en région parisienne, s'est poursuivie en 2008. 92% du volume de marchandise importé par le groupe s'est fait par voie maritime. La combinaison multimodal rail/camion roulant au GNV a permis d'éviter l'entrée de 12 000 camions dans la capitale, réduisant d'environ 337 tonnes les émissions de CO2 de l'entreprise. Enfin le groupe a mené 57 audits sociaux auprès de ses fournisseurs de grand import pour les sensibiliser aux enjeux de la traçabilité sociale.» Frédérique Delville - FDELVILLE@monoprix.fr

Nestlé Waters France Belgique
 « 1er embouteilleur d'eau minérale en France, Nestlé Waters France Belgique est parvenu, en l'espace de six ans, à diminuer respectivement de 28% et 7,2% sur les sites de Vergèze et des Vosges, les volumes d'eau nécessaires pour embouteiller 1 000 litres d'eau commercialisée. L'entreprise, qui s'est engagée à certifier 100% de ses sites ISO 14001, 9001, 22000 et OHSAS 18001 d'ici à fin 2009, a réalisé en 2008 son Bilan Carbone® et s'est dotée d'un outil d'analyse de cycle de vie de ses produits, le « Global Environment Footprint ». Celui-ci prend en compte notamment les consommations d'eau et d'énergie, l'eutrophisation, le recours aux énergies non renouvelables et le potentiel d'acidification. Un autre volet a concerné en 2008 la sensibilisation des consommateurs : sensibilisation au tri, dans le cadre d'un accord entre Eco-Emballages, la Chambre syndicale des Eaux Minérales (CSEM) et le Syndicat des Eaux de source (SES), avec l'apposition de messages sur les bouteilles d'eau (« grâce à votre geste de tri, préservons l'environnement »). » Fabio Brusa - Fabio.Brusa@waters.nestle.com

Plastic Omnium
 « Le groupe a annoncé en 2008 le lancement d'un plan sur 4 ans dédié à l'Hygiène, la sécurité et l'environnement (HSE), avec un focus sur la réduction des accidents. Les indicateurs se sont nettement améliorés entre 2006 et 2008, avec une baisse de 20% des taux de fréquence des accidents avec et sans arrêts et de 25% du taux de gravité des accidents de travail. Plastic Omnium a réalisé en 2008 un premier Bilan Carbone ® sur 8 sites pilotes, avec un résultat de 19 tonnes d'équivalent CO2/employé/an, et poursuit son programme de réduction des Composés organiques volatils (COV). Sur le plan social, le groupe s'est penché sur la prévention des troubles musculo-squelettiques : en partenariat avec une association, un outil virtuel a été élaboré permettant de valider l'ergonomie des postes de travail tout en impliquant l'opérateur. La branche Plastic Omnium Auto Exterior a par ailleurs mis en place une approche comportementale sur l'ergonomie, menée avec des kinésithérapeutes, et qui aide les opérateurs à identifier les « signaux » envoyés par leur corps. Cette démarche sera déployée sur l'ensemble des sites France en 2009, puis à l'international.» Yves Bourquard - ybourquard@plasticomnium.com

Psa Peugeot Citroën
 « En 2008, les équipes de PSA Peugeot Citroën ont poursuivi leur mobilisation conformément à la feuille de route « 10 objectifs développement durable pour la période 2008-2011 ». Pour maintenir son avance en matière de véhicules respectueux de l'environnement (près de 1,2 million de véhicules émettant moins de 140 g de CO2 vendus dans le monde en 2008), le groupe accélère le déploiement des technologies décarbonées adaptées à l'ensemble de ses clients : système Stop & Start avec récupération d'énergie en 2010, offre zéro-émission avec Peugeot iOn comme premier modèle électrique à être commercialisé en Europe fin 2010, moteur essence 3 cylindres pour véhicules émettant moins de 100 g de CO2/km, technologie hybride diesel Hybrid4 avec des émissions inférieures à 100 g de CO2/km lancée sur Peugeot 3008 en 2011 et véhicule hybride rechargeable émettant 50 g de CO2/km en 2012. Dans le domaine de la sécurité routière, PSA Peugeot Citroën est le seul constructeur à déployer à grande échelle un appel d'urgence géolocalisé, gratuit et sans limitation de durée : 650 000 véhicules Peugeot et Citroën équipés circulaient fin 2008 en Europe. Dans un contexte chargé d'un point de vue de la croissance et de l'emploi, le groupe a reçu le Label diversité du ministère pour ses actions passées.» Peter Karandysovsky - peter.karandysovsky@mpsa.com

Saint-Gobain Isover
 Saint-Gobain Isover France a organisé en 2008 une "Conférence de Citoyens", démarche d'écoute inspirée du modèle danois des conférences de consensus : un groupe de personnes, non spécialistes de l'isolation, a formulé des propositions à l'issue d'une courte formation. Un comité de pilotage, composé de représentants d'organismes comme l'Ademe, l'ANAH et le Comité 21, supervisait les débats et garantissait l'impartialité de la démarche. Saint-Gobain Isover a poursuivi sa démarche continue de réduction de ses impacts négatif sur l'environnement, tant au niveau de ses processes (inauguration d'une usine modèle HQE à Chemillé, réutilisation intelligente de la chaleur résiduelle produite par la combustion des gaz, lors de la fabrication de la laine de verre aux Pays-Bas...), que de ses produits (lancement d'une nouvelle génération de laine minérale qui apporte de nouvelles garanties aux consommateurs:Performance, Environnement,Santé). Le groupe Saint-Gobain est devenu membre de la Sustainable Building ALLIANCE et, dans plusieurs pays, a adhéré aux Green Building councils locaux (Royaume Uni, Afrique du Sud, pays Bas...). Le groupe fait partie du « Global 100 » qui regroupe les 100 entreprises « les plus durables », sélectionnées au sein de l'indice MSCI World par le cabinet Innovest Strategic Value Advisors. Vincent Hannecart - vincent.hannecart@saint-gobain.com

SAUR
 « 2008 : une année charnière pour Saur qui s'est doté d'une nouvelle Direction dont la stratégie volontariste place les métiers de l'environnement au centre du développement harmonieux et durable des territoires. Dans cette dynamique, Saur a organisé dans l'année deux séminaires pour sensibiliser plus de 300 de ses managers aux enjeux du développement durable. Engagé dans l'innovation au service de l'environnement, Saur a participé fin 2008 à la fondation de la chaire internationale « Generating Eco-Innovation ». Saur poursuit la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre : mise en place d'une nouvelle grille de véhicules particuliers et incitation à commander des véhicules moins polluants par un malus sur le budget d'options, équipement de cinq installations de stockage des déchets d'unité de valorisation énergétique du biogaz. En 2008, plusieurs actions de protection de la flore et faune ont été menées en partenariat avec des organisations locales. Une charte mobilité et un site intranet « passerelle » ont été mis en place pour faciliter la recherche des opportunités internes de mobilité. En matière de sécurité, afin de réduire les comportements à risque, un programme associant collaborateurs et managers dans une démarche pédagogique centrée sur le dialogue, a été initié en 2008.» Estelle Reungoat - ereugoat@saur.fr

Schneider Electric
 « En 2008, Schneider Electric a redéfini l'outil de mesure de ses performances développement durable,
www.barometre.schneider-electric.com. Dans le domaine de l'énergie, Schneider Electric a rejoint l'Alliance pour l'économie d'énergie (Alliance to Save Energy), dont l'objectif est de promouvoir l'efficacité énergétique dans le monde. Celle-ci pilote le programme collaboratif dénommé Habitat optimisé pour la maîtrise de l'énergie et des services (HOMES), qui développe des solutions pour la réduction de la consommation d'énergie. En matière sociale, l'accent a été mis sur la santé et la sécurité avec la mise en place dans 50 % des entités du Groupe d'un système de management de la santé et de la sécurité conforme aux standards internationaux (ILO OSH ou OHSAS 18001), soit une progression de 35 points par rapport à 2007. Enfin, Schneider Electric a lancé son programme d'accès à l'énergie pour les populations du bas de la pyramide baptisé BipBop, pour Business (solutions en distribution électrique à destination des populations défavorisées), Investment (fonds d'investissement pour le développement d'entreprises dans le domaine de l'électricité) et People (formation des jeunes en insertion professionnelle dans les métiers de l'électricité). » Patricia Benchenna - patricia.benchenna@schneider-electric.com

Séché Environnement
 « La montée au capital du consortium d'acquisition de la Saur (métiers de l'eau) a été un fait marquant pour le groupe en 2008. En matière de gouvernance, le Code de comportements et d'actions a été actualisé avec la mise en place d'un « droit d'alerte » pour les salariés. Séché Environnement, qui développe sa production « d'électricité verte » (issue du biogaz et de l'incinération des déchets), a investi dans deux unités de cogénération avec turbines à gaz (production d'énergie sous forme d'électricité et de vapeur). Au total dès 2009, Séché Environnement produira 190 000 MWh/an d'électricité, dont presque 60 % seront labellisés « électricité verte ». Cette production correspond à la consommation domestique (hors chauffage) d'une ville comme Bordeaux. En 2008 a eu lieu également le démarrage de la première filière intégrée de traitement et d'élimination en sécurité de bouteilles orphelines de gaz industriels très performante dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. En interne, par ailleurs, le groupe a investi dans une démarche de réduction du taux de fréquence des accidents du travail avec arrêt (TF1), en mobilisant l'ensemble du personnel ayant une responsabilité d'encadrement d'équipes, soit près de 10 % de l'effectif total du Groupe. » Daniel Baumgarten - d.baumgarten@tredi.groupe-seche.com

SFR
 « En 2008, l'intégration de Neuf Cegetel a donné naissance au premier opérateur alternatif Européen. Ce rapprochement a permis de redéfinir la démarche de responsabilité de SFR. Celle-ci, basée sur 5 champs : citoyenneté, environnement, emploi, santé, marketing responsable est pleinement intégrée à la stratégie et aux activités de l'entreprise. Elle se traduit par une organisation qui conjugue une implication forte du management (Comité développement durable présidé par le PDG de l'entreprise) et un réseau d'ambassadeurs au sein de chaque direction. Concrètement, l'effort de réduction de l'impact environnemental du Groupe a été de nouveau reconnu avec l'extension du périmètre de certification ISO 14001. SFR s'attache également à mettre à la disposition de ses clients, de nouveaux services à haute valeur environnementale comme le covoiturage sur mobile (T.écovoiturage) ou encore l'e-facture. SFR poursuit aussi ses efforts pour améliorer l'accessibilité de ses produits et services (accessibilité handicap, couverture des zones blanches...). Le renforcement de la diffusion d'informations sur la santé et les radiofréquences a également été au centre des préoccupations du Groupe. Pour 2009, de nouveaux défis sont à relevés : extension du Système de management environnemental aux activités fixe, éco-conception de la future box ADSL, renforcement de la politique RH en faveur de la diversité ...» François-Xavier Morvan - francois-xavier.morvan@sfr.com

SNCF
 « SNCF, qui transporte chaque jour 3 millions personnes et achemine 40 milliards de tonnes.km par an pour seulement 2% des émissions de CO2 des transports, poursuit ses actions pour des transports plus propres et accessibles au plus grand nombre. Elle encourage l'usage des modes doux : 1,3 M euros investi dans la voiture électrique via son fonds Eco-mobilité Partenaires, 136 gares équipées de parcs vélo, le co-voiturage proposé vers 23 gares de l'Ile de France. SNCF engage 1 milliard d'euros pour un nouveau transport écologique de marchandises, dont 4 autoroutes ferroviaires permettant de transférer 500 000 camions sur le fer d'ici 2015. SNCF poursuit ses actions avec les acteurs de l'environnement, du monde associatif et de la recherche. Plusieurs actions de sensibilisation ont été menées : 34 gares sont pilotes pour identifier les meilleures solutions de tri. 200 000 jeunes par an sont sensibilisés aux risques ferroviaires et au respect des autres. Le programme Mobil'Idées, pour comprendre l'éco-mobilité, à destination des enseignants, est lancé sur sncf.com. En 2009, le Train pour l'emploi et l'égalité des chances a proposé 15 000 offres d'emploi, stages et contrats d'alternance. 2 000 personnes ont été recrutées en CDI, dans le cadre des Rendez-vous de l'Egalité et des compétences.» Florence Cousin - florence.cousin@sncf.fr

SUEZ Environnement
 « Filiale du nouveau groupe GDF SUEZ, SUEZ Environnement regroupe 65 400 collaborateurs et est exclusivement dédié aux métiers de l'eau et des déchets. En 2008, le groupe a amélioré sa performance sur ses deux métiers : hausse du taux de recyclage matière des déchets (31,6 % au lieu de 30,9 % en 2007), et augmentation du rendement des réseaux de distribution d'eau exploités, avec un indice linéaire de pertes à 9,5 m3/km/jour, (vs. 10,1 en 2007), soit l'équivalent de la consommation moyenne d'une ville de 530 000 habitants. En parallèle, l'incinération des déchets, la valorisation énergétique du biogaz des centres de stockage et de la biomasse des stations d'épuration a entrainé une augmentation de la production d'énergie renouvelable de plus de 8% sur l'année. Sur le plan social, les indicateurs de performance (taux d'emploi de personnes handicapées notamment) restent stables ou se dégradent légèrement, à l'exception de la sécurité au travail. SUEZ Environnement a poursuivi en 2008 son processus de dialogue avec les parties prenantes, en partenariat avec le Comité 21, sur ses activités eau et assainissement.» Thomas Perianu - Thomas.perianu@suez-env.com

TOTAL
 « Dans l'optique de diversifier davantage son offre énergétique, Total a investi en 2008 dans des structures à même de lui apporter de nouveaux savoir-faire : entrée au capital d'une start-up américaine spécialisée dans le photovoltaïque de troisième génération, prise de participation dans des fonds de capital-investissement spécialisés dans les éco-industries et création de son propre fond. Le groupe s'intéresse également à la biomasse et a conclu un premier partenariat avec GDF SUEZ et Areva en vue d'opérer un jour des centrales nucléaires. En matière d'environnement, le pourcentage de site dits « importants pour l'environnement » certifiés ISO 14001 est passé de 76% en 2007 à 80% en 2008. L'année 2008 a été également riche en actions de sensibilisation des équipes internes et en publications : guide du management de la performance énergétique, guide pratique de l'intégrité, campagne de prévention Sida, de sécurité routière, etc. Plusieurs partenariats de recherche ont été signés en cours d'année, notamment avec le MIT, le Collège de France et l'Ademe. Enfin, la politique de réduction des accidents semble porter ses fruits, puisqu'on note en 2008 une baisse de 14% de l'indicateur du nombre d'accidents de travail déclarés (par million d'heures travaillées), en avance sur les objectifs (3,6 versus 4,2 en 2007). » Marie-Haude Gervoson de Sierven - marie-haude.gervoson-de-sierven@total.com

Véolia Environnement
 « L'année 2008 marque la fusion des rapports d'activité, de développement durable et social du Groupe, qui a été classé premier dans le classement annuel du Centre française d'information sur les entreprises (CFIE), pour la qualité de son information sociale et environnementale. Le rapport accorde une large place aux projets innovants, notamment dans le domaine des déchets (ouverture d'un centre de tri à haute performance, production de biodiesel à partir d'huiles alimentaires usagées, etc.), et des énergies renouvelables (développement du solaire et de la biomasse, dopage de l'hydrogène...). Le Groupe travaille sur des modèles économiques innovants, comme la création d'une filiale commune entre Veolia Eau et la Grameen Bank de Muhammad Yunus. Cette filiale permettra d'exploiter cinq usines de production et de traitement d'eau potable, et de desservir 100 000 habitants en eau potable malgré de faibles moyens financiers. Le rapport présente l'engagement de l'entreprise vis-à-vis de la biodiversité, concrétisé par le partenariat signé avec l'UICN cette année. Enfin, Veolia Environnement s'est lancé dans la mise au point d'une méthodologie de calcul du « coût carbone complet » de ses contrats, base essentielle pour accompagner ses clients dans leur démarche de progrès.» Pauline Danel - pauline.danel@veolia.com - www.developpement-durable.veolia.com

VINCI
 « Au niveau social, la politique de VINCI met l'accent en 2008 sur la sécurité, la gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (GPEC) ainsi que sur l'égalité des chances (formation à la diversité, réalisation d'un second audit externe de 40 filiales, création d'un corps d'auditeurs internes), tout en impliquant ses prestataires dans sa démarche de responsabilité. Sur le plan environnemental, VINCI souhaite considérer chaque ouvrage à l'aune de l'analyse de son cycle de vie, notamment par le développement d'outils d'écocomparaison par activité et la création d'une chaire d'écoconception des ensembles bâtis et des infrastructures avec ParisTech. Le bilan CO2 2008 a été étendu au périmètre mondial, l'ensemble des sociétés s'étant doté des outils de quantification et de réseaux de personnes. La valeur VINCI a été intégrée en 2008 dans l'indice Dow Jones Sustainable Index World (DJSI World), et a été classée Best in class dans son secteur dans l'enquête annuelle du Carbone Disclosure Project, qui évalue la réactivité des grandes entreprises face aux enjeux du changement climatique. » Clara Lorinquer - clara.lorinquer@vinci.com

Voies Navigables de France
 « VNF a lancé en 2008 sa nouvelle politique de maintenance « durable », afin de renforcer la maintenance préventive et favoriser une gestion exemplaire des ressources naturelles et du patrimoine. VNF a ainsi signé en avril 2008 la Charte de développement durable des établissements publics. Le déploiement de son label interne de développement durable a été initié pour améliorer la performance globale d'exploitation du réseau fluvial. A l'issue d'une expérimentation réalisée en 2008, un guide de gestion des berges en techniques végétales a été réalisé pour favoriser les pratiques de préservation de la biodiversité. Par ailleurs, dans le cadre d'une démarche globale visant à remplacer les produits phytosanitaires par des solutions alternatives non polluantes, la branche Nord-Pas de Calais de VNF a eu pour la première fois recours à l'éco-pâturage pour l'entretien de 6 km de berges : cette technique consiste à faire paître des moutons, accompagnés par un berger. Enfin, VNF a organisé en 2008 les Rencontres d'affaires « VNF Meetings », destinées à encourager les industriels et la grande distribution à intégrer le fluvial dans leurs choix logistiques. En 2008, six enseignes de la grande distribution ont signé avec l'État, VNF et la Compagnie nationale du Rhône, des protocoles engageant à utiliser la voie d'eau, représentant l'équivalent de 5850 poids lourds en moins sur les routes. » Anthony Petitprez - Anthony.PETITPREZ@vnf.fr

Eco-dates

5/10 à Paris : Colloque « Quelle éthique pour le progrès et quel prix à payer ? » - Valeurs vertes - en savoir plus
6/10 à Paris : les Alter mardis « Investissement socialement responsable : quel impact sur la politique des entreprises ? » - groupe SOS - en savoir plus
6/10 à Paris : 10ème Rencontres parlementaires sur l'énergie : L'innovation, clé de voûte de l'Europe de l'énergie - en savoir plus
6-7-8/10
à Epinal : AMORCE organise son 23ème congrès - www.amorce.asso.fr
8/10
à Paris : 29e rencontre nationale « Quand la mer se retire, que voit-on de l'économie sociale ? ou notre contribution à la recherche du bonheur » - groupe Crédit coopératif - en savoir plus
8/10
à Paris : Séminaire Prospective Infos sur l'économie des services, moteur de développement durable pour les territoires - DIACT - en savoir plus
14/10
à Paris : 3èmes Rencontres de la Performance énergétique bâtiment et énergies renouvelables : comment atteindre les objectifs du grenelle ? - ADEME et le Groupe Moniteur - en savoir plus
15/10
à la Grande Arche de la Défense : Journée d'étude du Comité d'histoire : Histoire des services déconcentrés des ministères de l'Environnement 1971-2009 - MEEDDM - comite.historique@developpement-durable.gouv.fr
15/10
à Rueil Malmaison : Executive briefings « Efficacité énergétique : faisabilité, mise en ½uvre et retour sur investissement » - Schneider Electric et Premier cercle - www.premiercercle.com/ee2009
20/10
à Paris : les Mardi de 4D « La métropole parisienne, métropole citoyenne ? - www.association4D.org
20/10 à Paris : Cycle de conférences « Citédébats Habitat le monde de demain sur la mobilité des individus et des biens à travers le monde - Cité internationale universitaire de Paris - citedebats@ciup.fr
20-21/10
à Paris : Salon Entreprise Durable (anciennement J3D) - www.j3d-paris.com/
21/10 à Paris : Débat « Le développement durable : le politique, le scientifique et le citoyen» - ASTS - isabelle.galvez@asts.asso.fr
22/10 à Paris : Colloque « Le Financement de la croissance verte» - MEEDDM - www.paris-europlace.net/croissance_verte/
23/10 à Paris : 6e Forum International de la Météo « La ville face aux changements climatiques » - en savoir plus
24/10
à Silfiac : 3e congrès de Cohérence « Quelle Bretagne en 2015 ? » - www.reseau-coherence.org

3 questions à ...
Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable au MEEDDM
 Quel bilan faites-vous de l'application de la loi NRE de 2001 par les entreprises ? En l'absence de sanctions encadrées par la loi, comment faire pour contrôler son application ?

Un lieu commun est de dire que l'application de la loi par les entreprises est insuffisante. Il est vrai, si j'en crois le chiffre donné par le Forum pour l'investissement Responsable, que seulement 110 des 630 entreprises qui sont concernées répondent à la demande législative de publication du rapport annuel. Cependant un autre constat vient tempérer cette impression. La loi a été mobilisatrice pour les grandes entreprises. Elle a accéléré l'appropriation des démarches de développement durable par les groupes du CAC 40. En une petite dizaine d'années nous sommes passés de quelques entreprises pionnières à la généralisation des démarches de RSE chez les grands groupes avec ou sans rapport. Pour aller plus loin, il me semble important que les ONG, les syndicats, les investisseurs soient plus actifs. La loi sera davantage appliquée quand les parties prenantes seront mobilisées. Les comités d'entreprise peuvent transmettre aux actionnaires leur avis sur le rapport de gestion. Les actionnaires et notamment les gestionnaires de fonds ISR peuvent exiger les informations sociales et environnementales en s'adressant à la justice. L'intervention des parties prenantes est indispensable à la bonne application d'un dispositif qui est construit pour elles ! C'est pourquoi aucune sanction administrative spécifique n'est prévue. Ce sont les dispositions pour rapport de gestion incomplet qui s'appliquent et les administrateurs sont civilement responsables du contenu du document.

Le Comité 21 a participé, en février, à une consultation publique relative aux conditions d'un élargissement de la loi NRE. Quels sont les résultats et les prochaines étapes de cette consultation?

En réponse à cette consultation publique sur le bilan de la loi NRE, le Commissariat général au Développement durable a reçu 24 contributions provenant des principales organisations représentatives des entreprises et de leurs parties prenantes. Ces contributions montrent que les positions entre les entreprises et les ONG ou les syndicats sont tranchées. Si les organisations patronales sont opposées à l'extension du dispositif, les parties prenantes des entreprises demandent sa généralisation, PME incluses. Faute d'un consensus, la position du gouvernement est d'avancer à mi-chemin entre les demandes des uns et des autres. La synthèse des contributions vient d'être envoyée aux présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale afin de nourrir les débats parlementaires. Après le vote de la loi portant engagement national pour l'environnement, actuellement en discussion au Sénat, le gouvernement prendra un nouveau décret. En effet, la version actuelle du projet de loi rend nécessaire une mise en cohérence avec les textes européens et internationaux. Il prévoit également de donner des précisions sur les modalités de l'exercice afin de permettre des comparaisons entre les entreprises. Un effort d'animation considérable est nécessaire et nous souhaitons que des organisations volontaires participent à la création d'une plateforme Internet dédiée à la RSE.

L'article 53 de la loi Grenelle I aborde la question d'une harmonisation au niveau communautaire des indicateurs sectoriels, afin de mieux comparer les entreprises entre elles. Comment progressent les échanges avec vos partenaires européens ?

Vous le savez, la dynamique européenne autour de la RSE a connu une pause après la communication de la Commission européenne de 2006 « faire de l'Europe un pôle d'excellence en matière de RSE ». Depuis un an, une nouvelle dynamique se précise. Le 10 février 2009, la Commission a réuni après trois ans d'interruption un forum pluri-partite sur la RSE. Plus récemment, la Commission a publié au printemps 2009 un appel à projet dont l'ambition est d'impliquer les pays nouveaux entrants en soutenant le développement de plateformes Internet nationales dédiées à la RSE. Enfin des ateliers consacrés à la question du « reporting » vont ce réunir cet automne. Nous suivons de près les travaux de la commission afin d'y porter le message de la France. Notre intention est clairement énoncée dans la loi de programmation relative au Grenelle de l'environnement : le gouvernement français souhaite un travail d'harmonisation pour avoir un cadre partagé au niveau européen sans nécessairement vouloir à cour-terme un texte normatif de type règlement ou directive. Nous sommes aujourd'hui dans l'attente de la nomination des nouveaux commissaires européens dont la sensibilité sera déterminante pour le développement de ce dossier.

Robin EDME, président du Forum pour l’Investissement Responsable
 Vous avez été impliqué dans le Grenelle de l'Environnement et la consultation sur la loi NRE. Que pensez vous des contenus et des méthodes de reporting actuelles ? Comment les améliorer ?

Notre diagnostic[1] sur la situation actuelle du reporting « extra-financier » peut être résumé en 3 points : un traitement insuffisamment indifférencié entre les informations financières et «extra-financières» ; une qualité et une profondeur du reporting très inégales... du fait, notamment, d'une absence de pressions fortes et d'un manque de lisibilité du dispositif de l'article 116 de la loi NRE et de son décret d'application.
Ce manque de lisibilité provient notamment du fait qu'il existe une confusion sur la nature des informations et des indicateurs à communiquer par les entreprises. Quant aux voies d'amélioration possibles, nous en voyons pragmatiquement cinq :
1. Distinguer impérativement ce qui relève de « l'état de la demande sociale » (dont la GRI[2] pourrait constituer un référentiel pertinent) et ce qui relève du lien entre développement durable et performance économique de l'entreprise ; 2. Réaffirmer, avec toutes ses conséquences, la centralité du rapport de gestion comme « lieu » de reddition des informations extra-financières ; 3. Élaborer un document synthétique présentant les principes généraux à respecter pour disposer d'un reporting extra-financier pertinent ; 4. Définir un petit nombre d'indicateurs communs à l'ensemble des secteurs d'activité (comme la répartition de la valeur ajoutée par exemple)... 5. la prise en compte de la nécessaire dimension sectorielle devant être renvoyée à des discussions au niveau des branches professionnelles nationales et européennes.

Sachant que la perception de la performance est aussi fonction de critères subjectifs, culturels et historiques, que signifie être « performant » en matière de RSE à l'échelle internationale ?

À vrai dire, même si la notion de performance globale est devenue aujourd'hui un terme relativement communément utilisé, sa mesure reste inexistante ; seules les performances économique et financière disposent d'indicateurs mesurables et internationalement reconnus. En effet, quelle unité de mesure commune peut-on trouver pour des domaines aussi divers que l'économique, le social et l'environnement... sans parler de la gouvernance ? Dans ce domaine, il faut faire preuve de modestie et reconnaître qu'in fine, pour le moment, les seuls indicateurs de performance synthétiques relèvent du domaine du chiffre. La mesure de la performance globale reste par conséquent un terrain pratiquement vierge qu'il nous faut explorer tant sur le plan académique que pratique. Cela étant posé, il reste que les notations des agences de notation extra-financière sont une première piste posant des jalons de ce que pourrait être l'appréciation de la performance globale. La recherche d'indicateurs de performance au sens où nous l'avons entendu, à la fois transverses et sectoriels, à la fois partagés par les entreprises et la communauté des investisseurs, en est une seconde. Les travaux académiques que nous primons chaque année, au travers du Prix FIR de la recherche européenne « Finance & Développement Durable », et, ce, depuis maintenant 5 ans, en propose d'autres même si ces pistes n'en sont qu'à leur balbutiement. Quant à évoquer l'échelle internationale, cela nous paraît encore très prématuré.

La présence ou non d'une entreprise dans un fond ISR a-t-elle une réelle influence sur sa valorisation et son image globales ? Avez-vous des exemples à nous donner ?

En réalité, cette influence est asymétrique : Difficile à démontrer quand elle est positive, radicale parfois quand elle est négative, c'est-à-dire dans le cas d'un déréférencement.
Quelques changements sont néanmoins perceptibles. Un nombre croissant de sociétés cotées se lance dans des road-shows ISR ; le déréférencement, même provisoire, de certaines sociétés (Rio Tinto, Veolia, Alstom...) de la part de certains fonds ISR sont des signes défavorables donnés au marché ; le fait d'être accusé de faire travailler des enfants s'est tout de même traduit pour Nike par une perte de 25 % de la valeur de son action... et il a fallu 5 ans pour qu'elle retrouve son niveau initial. Inversons plutôt la problématique : Ce qui nous paraît important compte-tenu des pratiques de marché actuelles, c'est d'abord l'éligibilité de l'entreprise à un fonds ISR. Car ce dernier, s'il est plus exigeant dans ses choix, est aussi plus fidèle (Les taux de rotation des portefeuilles ISR sont plus faibles que ceux des fonds « classiques »). Accompagnant l'entreprise dans ses projets de long terme, le fonds ISR est l'un des porteurs de cette affectio societatis si nécessaire à l'inscription dans la durée de la stratégie de l'entreprise. Mais il y a une contrepartie, l'obligation pour l'entreprise sélectionnée de démontrer une forme d'exemplarité au plan environnemental, social et de la gouvernance dont nous avons la ferme conviction qu'elle ne peut avoir que des effets bénéfiques sur sa performance dans la durée...

[1] Sa version intégrale est consultable en ligne sur notre site www.frenchsif.org. [2] Global Reporting Initiative.

Patrick Jolivet, responsable de la recherche & développement de BMJ Ratings
 Comment évaluer la performance RSE d'une entreprise ? Quelle place faites-vous aux rapports développement durable dans la cadre de vos analyses ?

Il n'existe pas aujourd'hui de méthodologie unifiée pour évaluer la performance en matière de RSE. C'est d'ailleurs un élément qui est souvent reproché aux agences de notation extra-financière : la multiplicité des méthodes, qui empêcherait de pouvoir comparer les résultats. Or c'est justement la multiplicité des points de vue qui permet de se faire un avis raisonné sur la performance extra-financière d'une entreprise. Si vous disposez de deux notes différentes, vous chercherez à savoir pourquoi, quelles sont les différences de méthodologies, de périmètre évalué... ou de sévérité du noteur ! Les marchés financiers ont recours aux agences de notation, qui rendent des évaluations différentes entre elles... alors qu'elles existent depuis un siècle, et ont donc eu le temps de « rôder » leurs méthodologies. Pourquoi serait-on plus exigeant avec la notation extra-financière, plus récente ? D'autre part, les notes et évaluations que nous rendons n'ont pas tant une valeur absolue que relative : c'est leur évolution, dans le temps et dans l'espace - c'est-à-dire dans leur secteur d'activité - qui permet de se faire une idée sur le comportement d'une l'entreprise. Enfin, il faut relativiser cette critique : si chaque agence dispose de ses propres méthodes, les analystes disposent néanmoins d'une culture commune. Ils évaluent les grands domaines de responsabilité de l'entreprise que sont sa politique environnementale, sa politique sociale (celle-ci étant entendue comme les relations sociales internes - la politique RH - mais également comme les relations « sociétales » avec les parties prenantes), les relations commerciales (fournisseurs et clients) et la gouvernance. Ceci étant posé, dans le cas de notation sollicitée, qui est le coeur de métier d'une agence comme BMJ, nos missions ne se limitent pas à l'étude de la communication institutionnelle d'une entreprise. Dans le cadre d'une mission qui va s'étaler sur plusieurs mois, et qui permettra à l'entreprise de disposer d'une cartographie détaillée de ses enjeux RSE, le rapport de développement durable ne sera qu'un point d'entrée pour nos évaluations.

On entend dire que les entreprises doivent créer un poste dédié pour remplir les questionnaires des agences de notation : jusqu'à quel point peut-on les solliciter ?

Il faut ici encore distinguer la notation sollicitée de la notation déclarative. Dans le premier cas, l'immersion de plusieurs mois dans l'entreprise, pendant laquelle nous allons rencontrer l'ensemble de ses parties prenantes internes et externes, fait que nous ne mobilisons pas une personne, à temps plein et toute l'année, pour répondre à nos questions. Nous allons rencontrer directement le DRH, les syndicats, le responsable des achats, le contrôle qualité, etc. : nos entretiens avec les personnes-ressources en interne, et les parties prenantes externes, ne nécessitent pas d'autres postes que ceux directement concernés. Dans le cas de la notation déclarative - qui répond à d'autres objectifs, comme par exemple la création de filtres « éthiques » pour les indices boursiers - la réponse aux questionnaires des agences de notation est réputée plus chronophage, et il n'est pas rare que les entreprises doivent créer des postes dédiés.

Les agences de notation financière ont été accusées d'avoir joué un rôle important dans la crise financière mondiale, en raison de notations sur-évaluées. Ce reproche peut-il être adressé aux agences de notation extra-financière, concernant l'engagement RSE des entreprises ?

Question intéressante et particulièrement d'actualité ! Les agences de notations financière sont critiquées pour avoir été juges et parties, en notant des produits sur lesquels elles avaient pu prodiguer des activités de conseil. Le parallèle est aisé pour la notation extra-financière : on ne peut pas noter des entreprises que l'on aurait été amené à conseiller ou auditer. J'irai même encore plus loin : une même agence ne peut pas réaliser à la fois des activités de notation déclarative et sollicitée. Comment voulez-vous « filtrer » objectivement une entreprise, l'inclure dans votre périmètre des « entreprises responsables », alors que vos équipes ont réalisé quelques mois plus tôt une mission d'audit sollicité dans la même entreprise ? Les deux approches sont intéressantes et respectables, mais elles doivent rester distinctes. Nous plaidons pour une meilleure régulation des agences de notation, financière et extra-financière. Dans son dernier rapport annuel, l'Autorité des Marchés Financiers insiste notamment sur le changement de paradigme que constituerait le passage d'un système reposant sur l'autorégulation à l'introduction d'une forme de réglementation, voire d'enregistrement des agences (financières) auprès d'une autorité compétente. Pourquoi ne pas imaginer la même chose pour la notation extra-financière ?

Martial Cozette, administrateur délégué CFIE-conseil (Centre français pour l'information des entreprises)
 Quelle est votre méthode d'analyse des entreprises ? Quels critères regardez-vous ?

Dans l'étude de CFIE-conseil, nous suivons une soixantaine d'entreprises ainsi que quelques entreprises étrangères, notamment suisses. La méthodologie a évolué en 2009. Elle porte sur quatre domaines (vs. trois en 2008). Aux enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux, ont été ajoutés des enjeux liés à l'organisation de la RSE. Cette dernière catégorie englobe des initiatives comme la formation et la sensibilisation des collaborateurs à la RSE ou encore la certification des informations contenues dans les rapports. Elle compte pour 10% de la note finale. De plus, le nombre total de rubriques est passé de 18 à 22. De façon générale, nous sommes particulièrement sensibles à la démonstration que font les entreprises des progrès réalisés et affichés dans les rapports. En effet, si par exemple les émissions de GES diminuent dans l'absolu mais que, pris du point de vue relatif, les chiffres sont en hausse, cela relativise l'impact global pour la planète ! En réalité les deux indicateurs (absolu et relatif) sont importants, mais attention à la manière dont on les utilise, la comparaison d'une année sur l'autre doit se faire à périmètre constant, par exemple. Nous regardons également si l'entreprise dévoile ses objectifs sur plusieurs années afin de pouvoir commenter les évolutions et évaluer les moyens qui seront affectés à l'atteinte de ses objectifs.

Notez-vous une progression d'une année sur l'autre en termes de contenu et de pertinence des rapports de développement durable ?

Si l'on se base sur une analyse à méthodologie constante, la note cumulée de transparence en matière de RSE du panel augmente très légèrement de 3%. On peut considérer que cela est presque équivalent au résultat de l'année dernière. Cependant, si l'on applique la nouvelle méthodologie, qui « relève la barre », les résultats reculent de 11% ! Globalement, il me semble que l'on perd en « diversité » des rapports : ils ont tendance à se standardiser de plus en plus. Introduire l'avis, éventuellement critique, des parties prenantes, créer une dynamique de dialogue avec les collaborateurs, favoriser la diversité des opinions ; voici des pistes qui devraient permettre aux concepteurs de ces rapports de se remettre en question en permanence, et ainsi de faire progresser leur engagements RSE. Sans cela, on risque de voir un appauvrissement des contenus, devenus peu originaux, trop attendus. Sur le volet sociétal en particulier, la transparence pourrait être plus importante concernant les aspects de corruption, de paiement des impôts locaux, sur les procédures juridiques en cours qui impliquent l'entreprise, etc. On peut se demander si on ne se trouve pas actuellement dans un faux-plat.

Que contiendrait pour vous un rapport développement durable idéal ?

Les tendances évoquées ci-dessus ne vont pas dans le sens d'un rapport idéal ! Dans l'absolu, les entreprises devraient être capables de dire : « voici où nous en sommes, voilà où nous voudrions être et voila comment nous allons faire pour atteindre cet objectif ». Il me semble fondamental en effet de commencer par définir des principes et cerner le périmètre pris en compte. Cela signifie : faire le recensement de tout ce qui est fait et pourrait être fait, et ensuite se donner des priorités. Cependant, l' « arbitrage » entre les priorités ne doit pas être du seul ressort de la direction. J'insiste sur le fait qu'il est important de prendre aussi en compte l'avis des parties prenantes internes et externes, pour enrichir le débat. Pour résumer, je dirais que l'on a avant tout besoin de repères, à la fois dans le temps et en termes de périmètre d'activité. Attention également à ne pas tomber dans un rapport excessif, qui donnerait une vision trop rose de la réalité, alors même que nous sommes dans une période de crise profonde. Enfin, un rapport idéal doit être exhaustif et ne pas minimiser certains sujets qui en apparence n'apparaissent pas centraux, mais qui en réalité traduisent l'engagement sociétal global de l'entreprise, comme la consommation de papier par exemple : la RSE ne se limite pas à la réduction des gaz à effet de serre ! Les enjeux sont bien plus larges.

Sylvain Lambert, associé, PricewaterhouseCoopers Advisory - Ecobilan
 Quel est le degré de maturité des entreprises françaises en matière de reporting RSE ? Comment se positionnent-elles à l'international ?

Indiscutablement la loi NRE et son décret d'application de février 2002 ont mis les entreprises françaises dans une position favorable en Europe et dans le monde. Même si nombre d'entreprises hors de France avaient un reporting RSE auparavant, un grand nombre d'entreprises françaises sont aujourd'hui rentrées dans ce processus. Elles y ajoutent bien souvent la vérification externe destinée à crédibiliser ce reporting. Par contre, si la mise en place d'indicateurs conformes à la loi a été largement suivi par les grandes entreprises, la question des entreprises de taille plus modeste se pose et les débats du Grenelle visant à élargir la NRE aux entreprises de plus de 500 salariés ne peut se faire qu'en prévoyant un dispositif d'accompagnement ou d'explication. Enfin, si les indicateurs demandés par la loi sont suivis, ils ne correspondent pas toujours aux grands enjeux de chaque entreprise. Le point de progrés des entreprises françaises est plus aujourd'hui d'adapter leur reporting RSE à leurs enjeux spécifiques et au pilotage de leurs plans d'actions plus que d'avoir des indicateurs demandés par la loi et pas forcément adaptés. Le CO2 n'est par exemple toujours un indicateur pertinent.

Quels ont été les enjeux clés en 2008-2009 pour les directions développement durable, d'après vous ? Avez-vous observé une évolution des besoins de vos clients ?

Il s'agira d'évoluer en contexte de crise et de restriction budgétaires. Ceci ne signifie pas forcément, et heureusement, passage au second plan des questions de développement durable, mais apprendre à faire avec moins de moyens. Clairement, les actions visant par exemple à publier des rapports RSE ne seront pas prioritaires. Les sujets clés plus que jamais se centreront sur deux dimensions : diffusion au sein de toutes les couches de l'entreprise et intégration du sujet dans le business et en particulier dans les produits ou services vendus. Et de façon plus prospective, l'utilisation du concept dev durable pour revister le modèle de fonctionnement de l'entreprise à long terme. Les besoins de nos clients évoluent nettement dans ces deux dimensions avec une trés forte aspiration vers la dimension produit et service.

Qu'apportera la future norme ISO 26000 ? Est-ce le nouveau Graal ?

Parler de graal avec une norme ISO traitant de développement durable paraît un peu ambitieux. Cette norme formalisera certainement un certain nombre de réflexions méthodologiques mais ne pourra jamais cadrer de façon unifiée le fond des enjeux de developpement durable de chaque entreprise. La spécificité est ici trop forte. D'autant que les réflexions à long terme sur le développement durable sont entrain de résoluement s'orienter vers la préeminence du sujet économique sur le sujet ecologique. C'est la façon de concevoir l'economie qu'il convient de modifier en priorité et pas de soigner les atteintes à l'environnement si l'on veut construire un mode de développement vraiment durable.

Elsa Boniface, manager stratégie et communication DD, Ernst & Young, département environnement et développement durable
 Pensez-vous qu'il faille étendre le périmètre de la loi NRE et si oui, dans quelles directions ?

Le reporting extra-financier est utile dans la mesure où il complète la vision financière de la performance des entreprises, grandes ou petites, cotées ou non, françaises ou internationales. Dans son état actuel, l'article 116 de la loi NRE propose une liste d'informations sociales et environnementales devant figurer dans le rapport de gestion et ce, quelle que soit l'activité. La force de la loi NRE réside dans sa souplesse ; elle permet à chaque entreprise de sélectionner les indicateurs pertinents au regard de son activité et des attentes de ses parties prenantes. Même si les informations demandées ne sont pas toutes pertinentes au regard des enjeux de l'entreprise et des objectifs de développement durable qu'elle s'est fixés. L'évolution nécessaire de la loi porte sur le périmètre de reporting, qui doit couvrir l'ensemble du périmètre de responsabilité de l'entreprise et donc, a minima, le périmètre de reporting financier. Mais lorsque le périmètre de responsabilité directe de l'entreprise dépasse le périmètre financier, il est souhaitable d'aller au-delà. Dans certains secteurs, l'inclusion des JV, des sous-traitants, des fournisseurs, ou de l'étape de la fin de vie des produits, sont souvent des informations indispensables pour rendre compte de manière non biaisée de l'ensemble des impacts de l'entreprise sur son périmètre d'influence. Pousser les entreprises à mesurer leurs performances extra financière les aide à engager des actions pour s'améliorer, mais la vraie question reste la comparabilité des performances des entreprises entre elles. Sans elle, le reporting est voué à l'inutilité pour les tiers. Le législateur pourrait donc inciter les entreprises d'un secteur à trouver un consensus autour du mode de calcul des indicateurs afin qu'ils deviennent comparables.

Lorsque l'on vous sollicite pour certifier un rapport, quels sont les principaux critères auxquels vous vous intéressez ? Qu'est ce qui est essentiel dans un rapport ?


A travers nos travaux de vérification de rapports de développement durable, le premier objectif est d'apporter à l'entreprise de la valeur ajoutée. Crédibiliser le document, bien sûr, mais surtout mobiliser les équipes décentralisées, valoriser leurs efforts, donner un feedback sur la réalité opérationnelle dans les business unit, et fiabiliser le processus de reporting qui est à la base du pilotage de la performance. Nous accordons une place primordiale à la préparation de notre intervention en amont, notamment pour assurer la pertinence des indicateurs certifiés et publiés. Les indicateurs portent-ils sur les enjeux clés de développement durable ? Reflètent-ils bien les performances ? Pour cela, nous exploitons nos veilles sectorielles, réalisons des benchmarks et interrogeons les parties prenantes. Si nous estimons que le reporting n'est pas encore assez mature, par exemple en l'absence d'un protocole suffisamment détaillé, nous recommandons de privilégier d'abord la mise en place d'un processus de qualité : choix des indicateurs, modalités de calcul, procédures de collecte et de contrôle, définition des responsabilités, etc. Au-delà de la fiabilité des informations, pour un lecteur, un bon rapport de développement durable comporte une vision stratégique assumée, le choix pertinent des enjeux traités et la mise en exergue des dilemmes liés à l'intégration du développement durable dans ses activités. Sur ce dernier point, les entreprises françaises marquent leur retard, en comparaison notamment des entreprises nord européennes.

Les collectivités locales sont de plus en plus nombreuses à réaliser un rapport de développement durable. Ont-elles des préoccupations et des besoins similaires aux entreprises ?


Les collectivités locales ont le même besoin de faire connaître leur politique de développement durable, souvent matérialisée dans un Agenda 21. Le rapport de développement durable leur permet d'exprimer une vision stratégique pour le territoire, de rendre compte en interne comme en externe de l'avancement de la démarche, d'en dessiner les étapes pour les années à venir, voire d'en fixer les objectifs précis. Si leurs cibles sont différentes, leurs objectifs sont en revanche très semblables. Les entreprises cherchent à mobiliser leurs salariés et améliorer leur image institutionnelle ; les collectivités locales souhaitent impliquer leurs agents et valoriser leur engagement pour les administrés. Les entreprises souhaitent rassurer actionnaires et investisseurs ; les collectivités locales cherchent à également convaincre les bailleurs de fonds et partenaires.

Le Comité 21 en action
Le Comité 21 et ses partenaires présentent un outil «Vers un Agenda 21 scolaire »
 Le Comité 21, en collaboration avec l'Ifrée, le réseau Ecole et Nature, le réseau Ecorce et l'UNCPIE dans le cadre du programme ACCES DD*, et avec le soutien de la CASDEN, publie un outil de communication, pédagogique et synthétique sur les Agenda 21 scolaires. Cet argumentaire est destiné aux décideurs (élus, recteurs, inspecteurs d'académie, chefs d'établissement, enseignants...) concernés par les démarches de développement durable dans les établissements scolaires. Il expose l'intérêt de leur mise en oeuvre en partenariat avec les acteurs associatifs de l'éducation à l'environnement et au développement durable. Il sera présenté le 7 octobre au Comptoir général, un espace événementiel éco et socio responsable à Paris, à l'occasion d'une conférence-débat avec la participation de décideurs et d'acteurs de terrain. Les Assises nationales de l'éducation à l'environnement vers un développement durable seront également l'occasion pour présenter cet outil auprès des décideurs. http://assises-eedd-2009.fr
* Agir ensemble pour ACCompagner les Établissements Scolaires et Extra-Scolaires dans leurs démarches de Développement Durable.
Christine Delahye - delhaye@comite21.org

3ème édition des Trophées du Tourisme avec Voyages-sncf.com
 Membre du comité de sélection et du jury des Trophées du Tourisme Responsable, le Comité 21 a renouvelé son engagement au côté de son adhérent, Voyages-sncf.com. L'objectif de ce prix est de mettre en valeur un tourisme respectueux des hommes et de la planète en démontrant que voyager responsable est à la portée de tous, et de tout style de vacances. Avant le grand jour du 13 octobre qui dévoilera les gagnants, tous les nominés ont fait l'objet d'une visite sur place d'un membre du jury et d'un salarié de voyages-sncf ; le Comité 21 a participé à deux visites. www.comite21.org/index.php
Matthieu Gauvin - gauvin@comite21.org

La « ville durable» aux 6e Ateliers du développement durable
Les 6e Ateliers du développement durable, organisés par le réseau Idéal, auront lieu du 20 au 21 octobre à Bordeaux sur le thème sur « Le développement durable, un levier pour sortir de la crise ? ». Ces deux journées démontreront l'importance de prendre en compte le développement durable dans les politiques publiques. Les quatre grandes crises actuelles seront abordées sous forme d'ateliers et conférences pour proposer des solutions à chacune des problématiques. Historiquement partenaire des Ateliers, le Comité 21, dans le cadre de ses travaux sur la ville durable menés depuis septembre 2008, interviendra le 20 octobre sur l'« Urbanisme durable : au delà des éco-quartiers...» et sur « Comment mettre en oeuvre un développement urbain, intégré, durable et solidaire ? ».

Le Comité 21 publie une note sur la concertation des parties prenantes
 Le Comité 21 conçoit et anime depuis 2004 des démarches de concertation avec des parties prenantes, anticipant ainsi la loi Grenelle II qui préconise « d'introduire le débat sur le développement durable et la responsabilité sociétale dans les entreprises ». En amont de la future norme ISO 26000 sur la responsabilité sociétale des organisations, qui prévoit d'identifier et de s'engager avec les parties prenantes, le Comité 21 publie une note méthodologique sur cette démarche innovante, afin de faciliter sa mise en oeuvre par toute entreprise qui souhaite améliorer son processus de dialogue.Le Comité 21 a été la première association à concevoir et animer des démarches de concertation avec des panels de parties prenantes issues notamment de son réseau (chercheurs, syndicats, institutions, collectivités territoriales, ONG...). Il accompagne, à leur demande, des entreprises adhérentes (AREVA, Coca-Cola, Eiffage, GDF SUEZ, SUEZ Environnement...), sur la base de règles déontologiques. A télécharger

Agenda du Comité 21

5/10 à Tours : intervention sur le tourisme durable au Master Pro Management tourisme durable pour l'ESCEM Tours
7/10
à Paris : lancement de l'argumentaire « Vers un Agenda 21 scolaire» dans le cadre du programme ACCES DD
12/10 : intervention à la formation Agenda 21 scolaire organisée par le CPIE « Brenne Pays d'Azay»
20/10
à Bordeaux : interventions aux 6èmes ateliers du développement durable organisés par le réseau Idéal
21/10
à Paris : réunion du Conseil d'administration
22/10
à Paris : 4ème groupe de travail sur la Ville durable « se loger en ville »
27/10
à Caen : organisation d'un atelier d'immersion sur la contribution des entreprises à l'éducation au développement durable dans le cadre des Assises nationales de l'EEDD.

Enquête sur les pratiques de lutte contre les discriminations

 Enda Europe a développé un programme « Migrations et Diversité » pour la promouvoir la diversité ethnique dans le domaine de l'emploi, soutenu par l'ACSE et la ville de Paris. Enda incite ainsi l'ensemble des acteurs socio-économiques, et en particulier les adhérents au Comité 21, à rendre publique leurs politiques et leurs résultats en matière de recrutement et de gestion des carrières, mais aussi à s'interroger les uns les autres sur leurs pratiques respectives pour un échange d'expériences porteurs de changements réels dans le monde du travail. Cette mission se décline depuis 2006 à travers une enquête annuelle de suivi des pratiques de lutte contre les discriminations liées à l'origine dans le domaine de l'emploi en France auprès des adhérents du Comité 21. La réalisation de l'enquête 2009 est en cours : télécharger dès maintenant le questionnaire sur le site http://www.diversiteplus.fr
Mélodie Beaujeu - melodie.beaujeu@enda-europe.org

A lire
Les 7 familles du développement durable
 Florence Leray et Alain Chauveau, journalistes et essayistes. 56 acteurs du développement durable ont témoigné de leur engagement dans cet ouvrage présenté sous forme de trombinoscope. Cette diversité forme les 7 familles scientifiques, associatifs, intellectuels, politiques, entrepreneurs, financiers et consultants décrites par l'ouvrage. Le plus : un panorama des principales associations professionnelles et des associations à dominante environnementale ainsi qu'un abécédaire des délégués, responsable ou directeurs du développement durable. Le tout en format de poche ! Bettina Laville, présidente d'honneur du Comité 21, fait partie des témoins associatifs sélectionnés. 160 pages - 25 euros - Juillet 2009. Edition presse entreprise - pbrousse@presse-entreprise.com

Green IT, les meilleures pratiques pour une information verte
 Rédigé par Dot Green, spécialiste français des technologies vertes, ce premier guide des meilleurs pratiques est destiné aux décideurs informatiques afin de réduire efficacement leur empreinte énergétique. Le green IT est une réflexion éco-responsable qui englobe aussi bien l'achat que la dépense d'énergie ou encore le recyclage des déchets informatiques. Petit rappel : la consommation énergétique des dispositifs informatiques représente aujourd'hui plus de 2% de la consommation globale d'un pays occidental. 256 pages - 29 euros - septembre 2009. Edition Dunod - Pour en savoir plus


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